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Une plongée bio


mercredi 29 janvier 2003, par Marie-Claire

Le 18 janvier, 10 plongeurs encadrés par Jean-Marie, Cyril, Sophie, Jean-Jacques et Marie-Claire faisaient leur 1ère plongée bio. Bernard virevoltant d’un groupe à l’autre pour attirer leur attention sur telle ou telle « bêbête ».
Il semblerait qu’en voyant tous ces groupes plongés dans les livres après s’être réchauffé un peu, l’initiative ait été concluante. Il faut dire qu’au bout de presque 70 mn à 10 mètres de profondeur, il commençait à faire un peu frisquet, même dans une eau à 27°. Pas de palmage énergique pour se réchauffer, pas de grande distance parcourue ! Non, une plongée où chaque m² a été étudié de près pour essayer de dénicher tout ce qui avait été vu lors de la soirée diapo préparée par Bernard, moniteur bio.
Les éponges encroûtantes bleues, rouges, fixées, dressées, massives, les coraux, les vers dans leurs tubes... Patrick et Marie-Claire ont même vu, alors que d’habitude c’est plutôt le ver qui entre dans le tube quand on s’approche d’un peu trop près, le paquet de soies bien serrées, bien rangées, qui monte et sort du tube pour se déployer en un superbe spirographe . Et ce spirographe (ver) était fixé dans une éponge en forme de grande coupe solitaire.
De jolies gorgones (coraux - cnidaire), déployées en superbes éventails se plient au gré du courant.
Un ver de feu ( vers ) , deux, trois, quatre, rassemblés sur un corail. « Ne pas toucher ! », car s’il se sent menacé, il hérisse sur toute sa longueur des soies blanches très urticantes, se plantant et se cassant dans la peau, provoquant une douleur très intense pouvant paralyser le bras.
Un tout petit nudibranche (mollusque), totalement inoffensif, les côtoie. Et bien sûr, ce que l’on rencontre dans les mers Caraïbes, de jolis arbres de Noël (vers) de coloration bigarrée qui sortent leurs deux paires de branchies enroulées en spirale et dont le tube calcaire est incrusté dans le corail.
Michel joue avec les tentacules d’un autre ver, longs filaments blancs qui servent à sa nutrition et qui se rétractent dans le tube lorsqu’on les touche. Il me montre les deux yeux d’un minuscule gobie (poisson) qui a emprunté le tube d’un ver. Il sort tout juste sa tête et la cache aussi sec.
Pas vu de crustacé aujourd’hui ; ce sera pour un autre jour où une autre nuit !
Patrick trouve la coquille d’un grand bivalve (mollusque) dans le « cratère » d’une éponge. Bizarre ! Qui l’a placé là ? D’habitude, il est plutôt enfoncé dans le sable, la partie la plus fine pénétrant dans le substrat. Juste à côté, caché dans une anfractuosité d’un récif, un autre bivalve , une lime , bien vivant celui-là, avec son joli manteau rouge duquel partent des tentacules blancs ou oranges. Mais, timide, se sentant observé, il se referme.
De superbes oursins diadème (échinodermes) présentent leurs piquants qui entrent bien dans la peau, même à travers la combinaison, n’est-ce pas Jean-Jacques ? Et ils ne sont pas faciles à enlever ! Un joli oursin tout blanc, recouvert de coquilles en guise de camouflage est posé sur le sable. Un gros concombre de mer (holothurie en français, et pipi lanmé en créole) est également sur ce fond sableux.
De jolies comatules (également des échinodermes) sont fixées dans des éponges et des coraux. Seuls les bras sont apparents, déployés face au courant. Et des ophiures (échinodermes) déploient leur cinq bras ; elles ont l’air de bien aimer se retrouver entre « consoeurs ».
Et les poissons ? Il n’y en a que pour les invertébrés ! ! Mais non, reprend ta lecture, un intrus s’est caché dans les invertébrés. Deux jolies murènes tachetées ne nous ont laissé voir l’une que sa tête et l’autre que sa queue saluées par un poisson trompette qui glisse son corps très allongé au milieu des gorgones et des coraux.
Michel déniche quelque chose qui ressemble à un rocher qui bouge ! Non, non, ce n’est pas un effet de l’ivresse des profondeurs (à 5 mètres !), ni dû à un excès de rhum, mais c’est bien un poisson scorpion (krapo pikan lanmé) avec une grosse tête et deux gros yeux. Sa peau qui forme des replis lui donne un aspect plus minéral qu’animal et lui offre un camouflage parfait lui permettant de surprendre ses proies. Quand on le titille un peu gentiment avec le tuba, il se déplace quand même en déployant ses pectorales à la base noire tachetée de blanc.
Nous sommes entourés de bancs de gorettes rayées de jaune. Et juste avant de terminer cette plongée de 70 mn, un poisson-coffre (kof) couvert de tâches vient nous dire au revoir.
Et voilà, sur un secteur de 5-6 m², à pas plus de 11 m de profondeur, nous avons vu une bonne partie de la faune et de la flore des Caraïbes : éponges, cnidaires (anémones, coraux...), mollusques (nudibranches, bivalves ...), vers (de feu, spirographes ...), pas de crustacés cette fois-ci, mais des échinodermes (ophiures, oursins, comatules, holothuries ...), pas d’ascidie, mais des poissons. Il manque encore des reptiles, aucune jolie tortue n’est venue nous tenir compagnie, ni de mammifère, les dauphins croisent beaucoup plus loin.

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