Vendredi
Pas de pluie cette nuit. La journée s’annonce belle.
Nous préparons nos affaires avant de descendre petit-déjeuner, car il est prévu de partir à 8 heures pour faire nos deux plongées, ramener les affaires au club, petite douche rapide et nous emmènerons le panier pique-nique commandé hier soir par Erwann et partirons directement pour voir les baleines.
Mais surprise ! Katia nous apprend qu’il n’y a plus de moniteur au club de plongée et qu’elle est bien ennuyée ! Erwann a donné son congé hier soir ! Il part avec sa compagne et rentre en métropole.
C’est vraiment une surprise !
Katia a réussi néanmoins à nous arranger des plongées avec un club proche « l’East Carib Dive ». Harald, le directeur du club doit venir nous chercher avec tout notre matériel à 8h30. Et pour demain, ce sera un instructeur free-lance qui viendra au club de l’hôtel.
Ok pour nous, du moment que les plongées ne sont pas annulées, cela nous va bien. Sauf que c’est un peu casse-pieds quand même car on s’était dit que l’on n’aurait plus rien à transporter pendant 3 jours !
Petit déjeuner en compagnie des oiseaux qui entrent et sortent, viennent quémander des miettes et se servent même dans les assiettes.
Harald débarque dans sa camionnette rouge. Il est allemand et a une tête de viking. Je monte devant et les 3 autres derrière avec les bagages. Les échanges de paroles sont un peu limités car il parle peu le français et moi un peu l’anglais mais pas du tout l’allemand.
Ce n’est pas loin, heureusement car la camionnette est un peu poussive dans les côtes. Harald prend un petit chemin bétonné avec une forte pente et en bas, stop ! « assis » crie Harald et il descend débloquer les roues avant.
La camionnette emprunte un chemin sableux jusqu’à la plage que nous longeons jusqu’au Centre. Le bateau avec cabine arrière est tout proche du Centre de plongée. Harald nous passe des caisses en plastique pour ranger notre matériel. Après quelques formalités très rapides, nous embarquons en compagnie de 2 guadeloupéens, 3 américains du Montana et une parisienne.
Ils sont bien contents que nous venions nous joindre à eux car ainsi ils vont pouvoir aller dans le sud. Cela n’aurait pas été possible à seulement 6 plongeurs.
Cela parle allemand, anglais, américain, français sur le bateau. Nous équipons les blocs d’aluminium. Il nous faut ajouter des plombs supplémentaires.
Le bateau va très vite et saute sur les vagues. En 30 mn, nous voici déjà sur le 1er site : Scotts’ head .
Briefing, dessin et traduction simultanée. Harald reste sur le bateau. C’est Loni, l’instructeur américaine qui nous accompagnera. Consignes : ne pas descendre trop profond, suivre le guide et remonter avec de l’air. Pas de problème !
On descend en bascule arrière et nous nous regroupons au mouillage. Jolie forêt de coraux. C’est un cratère de volcan englouti. Le tombant est superbe et descend à perte de vue. Dans une faille, de gros poissons font l’ascenseur. Ils montent et descendent tout serrés, tout agglutinés. On ne comprend pas pourquoi.

Dans une faille, de gros poissons font l’ascenseur.
Le tombant est joli, riche. De jolis coraux fil de fer se tordent et se déroulent en tire-bouchon.

Cirripathes
Philippe essaye d’attirer un Barracuda qui semble vouloir l’emmener vers un autre tombant un peu plus loin, un peu trop loin, un peu trop bas.

Philippe essaye d’attirer un Barracuda...
Je montre à Jean-Jacques un poisson scorpion qui se confond avec la roche. Un Bothus s’élève, se déplace. On a l’impression qu’il danse. Il se re-dépose un peu plus loin en changeant la couleur de sa robe.

Bothus lunatus
Après seulement 34 mn, nous remontons sur le bateau. Harald réceptionne chaque plongeur, récupère les palmes, les phares, le masque et le bloc et nous en donne un autre pour la 2ème plongée.
Thé chaud, pastèque, citrons, gâteaux ... et nous allons sur le 2ème site choisi à l’unanimité par les habitués : Les Abymes
Une heure entre les deux plongées et c’est la descente aux Abymes. Le tombant est impressionnant. On est attiré vers le fond. Il nous faut regarder le profondimètre. La lumière du phare glisse sur la paroi, déniche les murènes,

Gymnothorax moringa
les poissons scorpions...

Poisson scorpion
Jean-Jacques prend des photos, s’arrête souvent et les autres sont loin drivés par Loni, l’américaine aux palmes roses. que Philippe a surnommée Mandoline. Ce n’est pas grave ; nous irons ainsi à notre rythme. Je monte en surface pour repérer le bateau. Il n’est pas très loin. Nous pouvons le rejoindre tranquillement en continuant notre plongée.
Sous le bateau, nous prenons notre temps, inspectons chaque rocher. Un poisson est à moitié enfoui dans le sable.

Synodus intermedius
Une Sabelle avec les soies bien sorties nous montre sa bouche.

Sabellastarte magnifica
. Une lime rêche, bien ouverte dévoile son manteau rouge et ses jolis filaments blancs ; mais à notre approche elle se referme.

Lima scabra
Remontée sur le bateau. Nous rangeons le matériel, enlevons nos combis pour ne pas avoir froid et le capitaine nous ramène à vive allure au club.
Bien agréable ces deux plongées. Les tombants sont magnifiques. On en redemande !
Il n’est pas très tôt : presque 14 heures. La parisienne nous invite chez la Doudou, Béa, une avignonnaise qui tient une buvette-restau près du club de plongée, juste sur la plage.
Nous ne savons pas encore ce que nous faisons demain. Alors, j’essaye de téléphoner à Katia. Mais elle est absente. Nous décidons de nous faire ramener à l’hôtel. Nous disons au revoir à nos compagnons de plongée. Les guadeloupéens nous disent qu’ils viennent en Martinique vers la mi-juin et prendrons rendez-vous pour venir sur l’Escapade. Je monte derrière cette fois, ainsi Philippe pourra papoter en allemand.
La camionnette a du mal à sortir de la plage. Il y a quelques tombes au bord du chemin bétonné. Ce sont les tombes des incroyants qui ne peuvent être enterrés au cimetière, explique Harald.
A l’arrivée, Katia nous dit que l’instructeur qui devait se déplacer demain au club de l’hôtel ne viendra pas. Nous replongerons dans le club d’Harald. Cela nous va bien, mais on aurait pu éviter de ramener tout le matériel ! On recharge la camionnette.
Léger casse-croûte avant la douche et une bonne sieste !
Le Wale watching est prévu demain, nous avons donc quartier libre cet après-midi.
J’avais demandé à Katia d’allumer le sauna pour 17h30, mais à cette heure là, il est tout froid. Elle avait oublié ! Le papa Roger vient nous l’allumer. Il faut attendre 20 mn pour qu’il monte à température et nous pouvons alors nous allonger sur les bancs. Quand Jean-Jacques arrose les pierres avec la grande louche, la chaleur monte. Nous nous réglons sur le sablier, le sable met 15 mn à descendre. Puis, on sort se tremper dans une fosse d’eau douce. C’est frais, cela fait du bien et nous retournons pour un 2ème cycle, mais c’est plus dur à supporter et je descend d’un étage.
Philippe et Michel sont sur la terrasse du restaurant. Ils regardent un film sur la Dominique, tout en sirotant un verre.
Tout en dînant nous regardons une cassette des fonds marins de la Dominique. C’est un peu répétitif mais nous voyons le poisson, entre la murène et le serpent marin, que nous avions aperçu lors de nos premières plongées en Martinique avec juste sa grosse tête qui sort du sable. Dans le film, il sort et découvre un corps beaucoup plus gros que la tête et très long. Il nage en pleine eau et s’enfonce par la queue dans le sable ne laissant dépasser que la tête.
Ce soir le chef nous a préparé du « mountain chicken » (poulet de montagne) qui n’est autre que des cuisses de grenouilles où plutôt de crapauds. C’est assez cocasse de s’apercevoir que cette ex-colonie britannique a pour spécialité culinaire, les « frogs », aimable surnom utilisé par les Anglais pour désigner les Français précisément parce qu’ils mangent des grenouilles.
Et puis nous remontons vers nos bungalows, discutons au frais sur la terrasse et dodo.
samedi
Dernier jour de plongée à la Dominique ce week-end.
En attendant l’heure du petit déjeuner, nous observons un iguane sur un arbre tout près du restaurant. Il semble dormir. On peut le toucher.
Mandoline-Loni vient nous chercher en voiture. Nous ne serons que 4 sur le bateau en plus d’Harald et de Loni. Les caisses sont déjà sur le bateau.
Nous n’allons pas loin aujourd’hui, Berry stream, le 1er site . Joli avec quelques grosses patates, mais cela va un peut trop vite pour le photographe qui aurait aimé s’arrêter plus longtemps. De jolies crevettes semblent monter la garde sur leur éponge.

Stenopus hispidus
Un Diodon joue à cache-cache dans une petite grotte en compagnie de Mombins.

Un Diodon joue à cache-cache...
Nous remontons après une trentaine de minutes et rejoignons le 2ème site en face de l’hôtel.
L’heure passe vite étendus au soleil, bercés par le roulis du bateau.
Harald nous dit, que sur ce 2ème site , il y a de grandes chances d’apercevoir des hippocampes. Nous sommes à Corail Garden , le dernier plouf !
Je découvre de beaux Gorgonocéphales,

Astrophyton muricatum
un gros poisson-scorpion, mais hélas pas d’hippocampe. Cela aurait été un beau cadeau pour cette dernière plongée. Tout d’un coup, on entend Mandoline crier dans l’eau et faire de grands gestes ! Mais oui, on peut l’entendre crier sous l’eau ! On se précipite, c’est peut-être un hippocampe. Mais non c’est tout simplement un Labé juvénile. Les coraux sont très colorés, un « garden » dans les tons de jaunes, orangés ; c’est très joli.
Le capitaine nous ramène à l’hôtel. Nous transvasons toutes nos affaires, les rinçons, prenons une douche et nous offrons à Harald et Loni un apéro. Ils choisissent de prendre un kir français pour nous faire honneur.
A bientôt, au revoir. C’est sûr on reviendra les voir surtout pour faire des plongées dans le sud.
Déjeuner léger et nous rejoignons Garbi sur le bateau pour le « Wale watching ».
Mais pas de souffle de baleine à l’horizon. Philippe dort. Garbi arrête le moteur et nous zieutons la mer. Rien !
Nous remontons vers le nord, croisons un gros bateau qui emmène également des passagers pour voir les baleines.


Arrêt à nouveau du moteur.
Et puis soudain, un dauphin ! deux ! trois ! et près de cinquante ! Partout, tout autour.
Garbi redémarre et les suit. Ce n’est pas évident pour Jean-Jacques de les prendre en photo car ils sortent où on les attend le moins.
Retour au port. Pas de baleines, mais les dauphins, c’était super. Jamais vu autant à la fois.
Dernière soirée : repas toujours aussi délicieux. Bonne ambiance. Nous sommes tous les quatre contents de notre séjour.
Dimanche
Il nous faut faire les valises. Moïse vient nous chercher à 8h30.
Katia nous prépare la note. C’est moins cher que ce que nous avions prévu. C’est une bonne surprise ! Elle nous offre à chacun un t-shirt et renouvelle ses excuses pour les petits contretemps. Philippe lui promet de rechercher un moniteur pour son club de plongée.
Petit déjeuner ; cette fois nous mangeons un peu plus léger, car nous aurons peu d’activité aujourd’hui. Il reste le matériel de plongée à récupérer et nous disons au revoir à Katia et Roger.
Moïse arrive dans un petit car et deux dames montent également avec nous. Elles descendront à l’aéroport.
Nous longeons la côte jusqu’à Roseau, remplissons les papiers et payons la taxe de séjour (35 EC$). Une petite balade en attendant le gros bateau qui arrive à l’heure. Il y a peu de monde et nous regagnons rapidement Fort de France.
Au revoir les copains, on remettra cela un jour et merci à Michel pour toute l’organisation ; c’était top !
Rédaction et dactylographie : Marie-Claire HUET
Photographies : Jean-Jacques PAILHAS
Mise en forme : Christian HIBADE
Un voyage à la Dominique : 1ère partie