Mardi 16 septembre, rendez-vous à 20 h 30 au club de plongée de Ste Luce pour une sortie organisée par l’OMMM (Observatoire du milieu maritime martiniquais). But de la sortie : observer la ponte des coraux. L’information donnée par les scientifiques situe cette ponte aux alentours de 22 heures, vers le 16 septembre.
C’est un phénomène particulièrement important car il concerne plusieurs centaines d’espèces de coraux à travers le monde et que cela n’a jamais été observé en Martinique. C’est une première !
Cette « ponte » comporte la libération simultanée de gamètes féminins et masculins de toutes les colonies madréporiques de l’endroit. C’est synchrone ! Cela se produit tous les ans, toujours la nuit, la date dépend des cycles lunaires, des marées, des variations de température de l’eau
Le bateau quitte le ponton avec une quinzaine de personnes à bord, dont 7 du Cressma.
Chacun s’équipe, vérifie ses lampes et torches et les deux photographes, leur matériel photo. Le bateau s’amarre à un corps mort et c’est le saut dans une eau noire. La chaleur surprend. Petit problème, l’appareil photo refuse de s’allumer ! Mais, après quelques essais, cela marche. Ouf !
Nous nous laissons glisser, Jean-Jacques et moi, vers le fond. J’ai deux phares, équipés l’un d’une ampoule de 20 watts et l’autre d’une ampoule de 50 watts. Ce dernier me permettra d’éclairer les prises de vue.
Patrice, le pilote nous a dit de suivre l’allée de gorgones et au bout nous tomberons sur les coraux.
Pani pwoblem, le chemin est tout tracé. Mais, à deux pas, premier arrêt, une comatule se déhanche (ou se débrasse !) sur une gorgone.

Une comatule se déhanche sur une gorgone.
Et soudain, nous voyons un nuage qui s’élève d’un corail. Ce sont de minuscules œufs qui s’éjectent de leur poche. La reproduction massive a démarré. C’est fabuleux d’assister à ce spectacle.
J’allume le phare avec l’ampoule de 50 watts, et Jean-Jacques mitraille.
Les petits sachets en forme de boule qui remontent vers la surface contiennent des ovules et des spermatozoïdes. Ils s’ouvrent pour libérer les cellules reproductrices.
Nous nous détachons lentement du spectacle et tombons sur un énorme crabe araignée.

Nous tombons sur un énorme crabe araignée
Quelles sont larges ses grosses pattes ! Il est à table et ne s’occupe pas de nous, seulement un peu gêné par la lumière.
Une langouste, un joli petit poisson, des comatules ... Patrice nous a donné une limite de 45 minutes, mais au bout de 60 minutes, nous apercevons encore des lumières autour de nous. Personne n’est pressé de remonter !

Petit coffre en promenade nocturne
72 minutes : nous regagnons la surface tout heureux du spectacle et en plus c’est la 300ème de Jean-Jacques ; c’est un beau cadeau. Nous ne sommes pas les seuls à être satisfaits de la plongée et chacun y va de son commentaire autour des appareils photos. Laurent a même fait un petit film de la ponte.
Une photo de groupe sur le bateau (mais tout le monde n’est pas là !) et il faut reprendre le chemin de la maison pour aller faire dormir les yeux.
Rédaction : Marie-Claire
Photos : Jean-Jacques